Akwaba - Welcome - Bienvenue - Kuwakaribisha - Welkom - Akeyi - Bine ai venit - Mboté zéno

09/11/2017 12:08 par evelinemankou

  • Akwaba - Welcome - Bienvenue - Kuwakaribisha - Welkom - Akeyi - Bine ai venit - Mboté zéno

    Akwaba - Welcome - Bienvenue - Kuwakaribisha - Welkom - Akeyi - Bine ai venit - Mboté zéno

    09/11/2017 12:08 par evelinemankou

Chers tous, 

Merci d’avoir pris le temps de venir faire un tour ici. Cet espace est aussi le votre. N’hésitez pas à faire des suggestions, à laisser un commentaire. 

À la question : qui suis-je ? Ma réponse est : une femme multiple.  

Je viens du Congo Brazzaville. J’ai passé ces dernières années entre la France, particulièrement à Nice où je suis arrivée en 1999 après un séjour de trois ans à Abidjan, et Londres.

« Tout homme est un malade qui s’ignore », il est important de trouver un moyen adéquat pour se traiter. C’est dans ce contexte que j’ai choisi les mots pour dire mes propres maux.

J’aime écrire et mon premier livre, un recueil de Nouvelles a été publié en 2005. Depuis, je n’ai pas arrêté de jongler avec les mots. Ma plume s’inspire d’une diversité de choses, de mes nombreux voyages, de mes origines, de tout ce qui m’a construit… c’est mon troisième œil car, pour moi, la diversité culturelle est justement ce troisième œil qui entraîne le commun vers une destinée enrichissante.

                              

Publications :

— La patience d’une femme : Éditions Bénévent 2005, puis : lulu.com 2013

— La Misère humaine : Éditions Bénévent 2010, puis : lulu.com 2013

— Dialogue imaginaire et imagé entre la mère et le fœtus : Éditions Publibook 2011, puis : lulu.com 2013

— L’Instinct de survie : Éditions Jets d’Encre 2012, traduit en anglais sous le titre Striving for life

— Danseur de l’ombre : Éditions Anibwé 2013

— Elikia – Espoir : www.amazon.com 2014  

 

N'hésitez pas de parcourir ces lignes jusqu'à la dernière page pour une meilleure appréciation.

 

Dernières publications :  

 

Elikia – Espoir

 

Avant – propos

 

Un monologue intérieur tantôt obscur, tantôt radieux, va plonger deux parcours croisés : un homme et une femme, compatriotes d’origine congolaise, dans une spirale de sentiments qui seront en butte contre un mur qui se dressera entre eux, rendant l’un ou l’autre inaccessible. Au-delà de leurs différences, jaillira la difficulté du mettre en commun, de vivre ensemble.

Du difficile cheminement vers l’autre, jusqu’à l’acceptation et la tolérance, ce sera d’abord le choc de deux cultures : le Parisien qui a conservé précieusement son traditionalisme bien lové dans son cœur, et la Niçoise, incrustée dans un sombre déni, farouche, elle estime que le modernisme a nettement sa place dans le mode de vie actuel.

 

Au pays des illustres : Labou Tansi, S.Bemba, Taty Loutard fidèle à Gérald Félix Tchicaya, au temps d'Henri Lopes et d'Alain Mabanckou, une jeune femme intrépide inaugure en Lettres un nouveau genre, le roman au rythme vif comme une short- story : Elikia / Espoir.

En un dialogue où alternent les voix de Seho et de Miamona, leur histoire se complique et s'épure. L'histoire de Nsona traverse le récit comme un trait de feu.

La poésie des lieux en divers contextes, le heurt des usages et coutumes entre l'Europe et le grand Sud donnent aux amours sur lesquels pèse le passé aggravé par les tensions qu'engendrent les mœurs, une saveur renouvelée. Une sensibilité fine nuance une trame construite avec maestria pour une fin des plus insolites…

Auteure de plusieurs récits à visée généreuse et sociale. Eveline Mankou approfondit ici l'évolution de deux caractères dans un double contexte en deçà et au-delà du pays des origines, de capitales en lieux intimes, parcours sur un fond de tensions secrètes... vers quelle humanité ?....

Ariane C.

http://www.amazon.fr/Elikia-Espoir-Eveline-Mankou/dp/1496088581/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1395358097&sr=8-1&keywords=Elikia+-+Espoir

 

 

 

Danseur de l’ombre :

 

« Danseur de l’ombre » est un voyage dans l’abysse d’une histoire d’amour tenue secrète, racontée par la sulfureuse et ambitieuse Miamona Marie. D’une plume élégante et intimiste l’auteur plonge le lecteur dans les tréfonds du cœur, là où la passion éteint la raison, emportant le séducteur Kiessé à faire le choix d’un mariage qui sert ses intérêts au détriment des sentiments. Ainsi, l’auteur relate avec sincérité le destin de deux êtres qui, malgré leur amour inconditionnel, sont voués à supporter l’absence de l’autre.  

 

 

L’instinct de survie :

L’Afrique est terre de croyances et de traditions ancestrales. Alors quand Mady, 13 ans, violée par son cousin, accouche d’un enfant albinos, elle s’enfuit de son village pour protéger son fils d’une mort certaine, et elle-même d’un bannissement qui lui serait sûrement imposé. Cette naissance était pour toute la communauté synonyme de malédiction, et de mauvais présages pour toute nouvelle naissance au sein de sa famille.

Quand, quarante ans plus tard, son petit-fils découvre au fond d’une malle un carnet où était couchée toute son histoire, il ressuscite tout son passé et permet à son père de trouver enfin un sens à sa vie.

C’est un témoignage à trois mains que présente ici Éveline Mankou. Mais surtout, au travers de ses personnages, l’auteur veut nous sensibiliser sur l’emprise des superstitions qui mènent encore de nos jours à d’épouvantables drames familiaux. C’est aussi un véritable appel à l’instruction, seule arme qui pourra faire reculer ces pratiques barbares.

http://www.amazon.fr/LInstinct-survie-Eveline-Mankou/dp/2354853432/ref=sr_1_4?s=books&ie=UTF8&qid=1373044581&sr=1-4&keywords=l%27instinct+de+survie

 

 

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Critique :

Voilà enfin un récit où on découvre Evelyne Mankou dans un registre autre que l’autobiographie. C’est la première impression que j’ai au moment où je finis la lecture de « Instinct de survie ». Comparé à son premier roman,  « la patience d’une femme » qui se situait plutôt entre vécu personnel et fiction, puis le « Dialogue imaginaire et imagé entre la mère et l’enfant » où l’auteure avait puisé dans les souvenirs des contes qui ont bercé son enfance, "Instinct de survie" s'inscrit dans une démarche plus créative. 

Certes on retrouve dans ce nouveau récit le même univers du conte africain mais ici il y a un réel ancrage dans les croyances mystifiées de la société africaine, les tabous et non-dits dont le viol et l’albinisme en sont les thèmes principaux….  

On retiendra tout de même le style très recherché et réussi avec lequel cette nouvelle est écrite. On a envie de s'exclamer que l'auteure a enfin trouvé sa voie mais à la fin du récit, on est persuadé qu'Evelyne Mankou n'a pas cessé de nous surprendre.  

Signé : Lina Badila  

 

 Après avoir lu attentivement L'Instinct de survie racontant l'histoire de Mady, une jeune femme violée par Niama tachant de lutter face aux coutumes ancestrales africaines afin de protéger son fils albinos, Buesso. 

Je pense que chacune des parties s'insère parfaitement dans la progression de l'histoire : la première posant le contexte de l'Afrique post coloniale où certaines traditions persistent comme l'infanticide et la magie dans lequel évolue la jeune fille, puis le combat de cette-dernière pour préserver son enfant après avoir subi le viol et le déshonneur et enfin, la dernière racontant le retour de Buesso chez sa tribu d'origine, mise en valeur par le changement de narrateur.  

Il me semble par ailleurs que le style est recherché avec de nombreuses péripéties maintenant l'attention du lecteur.  

Enfin, le personnage principal de Mady s'impose de façon naturelle à nous de part son courage et sa témérité. 

Signé : Vincent Maillard

 

http://www.amazon.fr/s/ref=ntt_at_ep_srch?_encoding=UTF8&field-author=Eveline%20Mankou&search-alias=books&sort=relevancerank

http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_ss_i_2_7?__mk_fr_FR=%C5M%C5Z%D5%D1&url=search-alias%3Daps&field-keywords=danseur+de+l%27ombre&sprefix=danseur%2Caps%2C537

http://www.amazon.fr/Dialogue-Imaginaire-Image-Entre-Foetus/dp/1291466541/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1373043850&sr=8-1&keywords=dialogue+imaginaire+et+imag%C3%A9+entre+la+m%C3%A8re+et+le+foetus

http://www.amazon.fr/LInstinct-survie-Eveline-Mankou/dp/2354853432/ref=sr_1_4?s=books&ie=UTF8&qid=1373043993&sr=1-4&keywords=l%27instinct+de+survie

http://www.jetsdencre.fr/lng_FR_srub_9_iprod_346-L-Instinct-de-survie.html

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 BIOGRAPHIE

Eveline Mankou

Auteure

E-mail : eveline.mankou@gmail.com

Blog :  http://evelinemankou.vip-blog.com

Pour plus d’infos : Google/Eveline Mankou

 

 

Vie associative

 

Militante associative entre 2005 et 2008 pour l’association ACCA à Nice où elle a occupé le poste de secrétaire à l’action sociale.

Eveline Mankou est une femme multiple. Elle vient du Congo Brazzaville. Sa vie est marquée par les voyages.

Auteure de plusieurs récits à visée généreuse et sociale, elle a choisi les mots pour dire ses propres maux.

Sa plume s’inspire d’une diversité de sujets, notamment ses cultures, ses voyages. Elle voit la diversité culturelle comme un troisième œil qui entraîne le commun vers une destinée enrichissante.

On retiendra surtout d’Eveline Mankou, une femme intrépide qui inaugure en Lettres un nouveau genre, le roman au rythme vif comme une short - story. C’est ce que Le Clézio appelle Novelas. Le Clézio pour lequel on note des similitudes avec l’auteure, à savoir l’attachement à la ville de Nice, les voyages, l’Afrique et le style des textes intimiste à caractère autobiographique.

 

Distinctions

 

Prix littéraire libanais, prix d’encouragement naji naaman 2008

 

Prix AFAP Bakento, catégorie Littérature, édition 2011 

 

2013 Le livre « La Misère humaine » est retenu pour un oral dans le cadre d’un brevet au collège Saint Joseph à Arras dans le nord de la France.

 

2016 Le livre « L’Instinct de survie » fait l’objet d’une Thèse à University of Waterloo au Canada, Thèse disponible sur ce lien : https://uwspace.uwaterloo.ca/handle/10012/10090

 

2016 Lauréate du Trophée DZESI « des Mérites » dans la catégorie Littérature à Bruxelles

 

Publications

 

Toutes les publications sont disponibles sur : http://evelinemankou.vip-blog.com/

Ou bien sur : www.amazon.fr      ou encore sur    https://www.amazon.fr/eveline-mankou-Livres/s?ie=UTF8&page=1&rh=n%3A301061%2Ck%3Aeveline%20mankou

 

Divers

 

Nominée à Paris au GAFA 2014

Festival du livre de Mouans Sartoux 2009, 2014

Salon du livre de Boissy 2013, de Paris 2013, 2014

Les assises des Yvelines 2014 (…)

Télésud 2012, 2013

TV5 Monde 2013

 Télé Congo 2014,  2016

 France 3 (…)

 

 

 

 

Liens utiles

 

http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_ss_i_0_14?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&url=search-alias%3Dstripbooks&field-keywords=eveline+mankou&sprefix=eveline+mankou%2Cstripbooks%2C247&rh=n%3A301061%2Ck%3Aeveline+mankou

 

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Revoir-nos-emissions/Et-si-vous-me-disiez-toute-la-verite/Episodes/p-24811-Il-etait-une-fois-la-litterature-congolaise.htm

 

https://www.youtube.com/watch?v=_P5qCKEm5aQ

 

https://www.youtube.com/watch?v=TuT8uIcncZE

 

https://www.youtube.com/results?search_query=eveline+mankou

 

 

 

 

Take a tour in English

 

Hi guys,

Dear English speaking friends and followers, take a look . Here is my first novel which has been translated from French to English. I will be back here very soon to give more details about how to get it. For now, please enjoy the preface and preambule below. If any question, drop me a message and I will be pleased to reply.  

 

Preface 

Eveline Mankou is originally from Congo-Brazzaville and migrated to France, where she now lives since 1999. The passion for the British culture and language entices her to move to and fro between France and England. Her bibliography is furnished with few books published in French such as “La Misère Humaine”, “La patience d’une femme”, “Dialogue imaginaire et imagé entre la mère et le fœtus”.

I have the privilege to translate this book (from French “L’instinct de survie” published in November 2012 by Jets D’encre editions) in order to reach and enthral a broader spectrum of readers. This fascinating story combines reality, imagination and experience. It exposes an African society where even some scientifically proven facts, such asalbinism, are still explained metaphysically; where superstition takes over reason and science.

The author uncovers how some parts of the world are still shambled by inhuman and barbaric practices on children born with anomalies or born in a different way.

Traditions and customs are the soul of Africa, without doubt. It is time, however, to rationalise them so as to avoid some atrocious practices which vilify human beings.    

In this book, the reader has an opportunity to pierce the mystery of traditions, customs and beliefs of Africa.

Rufin Batota-Mpeho

Masters in English & Linguistics

 

 

Preamble

Africa is a land of traditions and beliefs. At 13 years old Mady was raped by her cousin and gave birth to an albino child. Consequently, she had to flee the village in order to protect her son from inescapable death and herself to avoid a ban that could surely be imposed. For the entire community, giving birth to an albino was synonymous of curse and bad omens for every new born baby in the family.

When forty years later Mady’s grandson discovers at the bottom of a trunk a notebook where laid his father’s history, he resurrects the past and allows his father Buesso to trace back his ancestry and fully find meaning to his life.

This is a testimony in three parts that presents Eveline Mankou. Above all, through her characters, the author wants to raise awareness about the influence of superstitions that engender family tragedies, even nowadays. This is a real appeal to education, the most proficient way of fighting against these barbaric practices.

 

http://www.amazon.fr/Striving-life-Eveline-Mankou/dp/1291234934/ref=sr_1_cc_1?s=aps&ie=UTF8&qid=1373739162&sr=1-1-catcorr&keywords=striving+for+life

 

http://www.lulu.com/shop/eveline-mankou/striving-for-life/paperback/product-20556510.html

 

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ARTICLES

http://aflit.arts.uwa.edu.au/MankouNtsimba.html

 

 

Elikia – Espoir voir la didéo en suivant le lien ci-dessous

 

http://www.ziana.tv/index.php/livres-hebdo/item/165-livres-hebdo-du-19-mai-invitee-eveline-mankou-pour-elikia-espoir

 

http://www.france3.fr/emissions/questions-pour-un-champion/mercredi-20-mars-2013-rendez-vous-avec-le-maroc-le-canada-la-bulgarie-et 

 

 

 

evelinemankouCommentaire de evelinemankou (10/10/2014 16:39) :

LA DIVERSITE CULTURELLE EST UN TROISIEME OEIL QUI DECHAINE DU COMMUN VERS UNE DESTINEE PLUS ENRICHISSANTE

http://evelinemankou.vip-blog.com/

 

 

 

 

 

http://aflit.arts.uwa.edu.au/MankouNtsimba.html 

Les Pleureuses de Brazza

09/11/2017 12:02 par evelinemankou

  • Les Pleureuses de Brazza

    Les Pleureuses de Brazza

    09/11/2017 12:02 par evelinemankou

(…) nous sommes en enfer. Je m’attends à voir d’un moment à l’autre, des Noirs corvéables, mollassons, chétifs qui traînent autour d’un bûcher, une cheminée, un fourneau, appelez-le comme bon vous semble, où ils jettent des bûches pour activer le feu éternel dans lequel ils vont se consumer, puisque l’enfer est forcément noir dans mon inconscient, dans l’inconscient collectif aussi. C’est ce qui nous a été inculqué.

Eveline Mankou

Amazon Create Space 2017 

Festival des Lettres francophones des Arts et des Cultures du Sud

07/11/2016 19:12 par evelinemankou

  • Festival des Lettres francophones des Arts et des Cultures du Sud

    Festival des Lettres francophones des Arts et des Cultures du Sud

    07/11/2016 19:12 par evelinemankou

Lors du Festival des Lettres francophones des Arts et Cultures du Sud (du 20, 21, 22 et 23 octobre 2016) au théâtre VIARA à Ixelles-Bruxelles-Belgique

Remise du Trophée Littéraire lors de la Nuit des Mérites à Bruxelles

11/10/2016 14:29 par evelinemankou

  • Remise du Trophée Littéraire lors de la Nuit des Mérites à Bruxelles

    Remise du Trophée Littéraire lors de la Nuit des Mérites à Bruxelles

    11/10/2016 14:29 par evelinemankou

Eveline Mankou, écrivaine congolaise, a remporté le 8 octobre dernier à Bruxelles, le trophée « Dzesi » dans la catégorie « Littérature », pour sa perspicacité au sein de la diaspora africaine en Europe. «J'ai la joie de vous partager les images et instants de l’événement », a-t-elle publié, via les réseaux sociaux. Elle est auteure de six publications, entre 2005 et 2014. 

Cette distinction vient en reconnaissance des valeurs multiculturelles africaines, selon les organisateurs de l’association Actions Europe- Afrique, basée au Royaume de Belgique. Car, estiment-ils, bien nombreux sont les événements multiculturels initiés par la diaspora africaine pour valoriser leur continent d’origine dans les domaines aussi variés que Musique ; Gastronomie ; Littérature ; Events ; Théâtre/Cinéma ; Arts/plastiques ; Danse ; Sports ; Médias ou Couture et mode.

C’est pour cette raison essentielle que, depuis deux éditions déjà, cet événement, « Dzesi », « Reconnaissance, mérite » en Mina, langue africaine, parlée et comprise sur le cordon littoral ouest–africain, allant du Bénin, en passant par le Ghana, et jusqu’au Togo, a été conçu « pour apporter de l’eau au moulin aux devanciers qui s’évertuent à valoriser davantage, et partout où besoin sera, la diversité culturelle africaine », expliquent-ils.

Eveline Mankou, « femme multiple » comme elle aime se définir, est originaire du Congo-Brazzaville. Elle est arrivée en France en 1999 et a posé ses valises à Nice après un séjour de trois ans entre la Côte d’Ivoire, à Abidjan, et en Angleterre, à Londres. C’est dans ce contexte de voyages qu’elle a choisi « les mots pour dire mes propres maux ».

Elle est aussi l’auteure de « l’Instinct de survie ». « Ma plume s’inspire d’une diversité de choses, de mes nombreux voyages, de mes origines, de tout ce qui m’a construite… C’est mon troisième œil car, pour moi, la diversité culturelle est justement ce troisième œil qui entraîne le commun vers une destinée enrichissante », a-t-elle confié.

Soulignons que sa premère distinction remonte à 2008 avec le« Prix littéraire libanais, prix d’encouragement Naji Naaman ».

Marie Alfred Ngoma
 

https://www.youtube.com/watch?v=4M17DKDJfZ4

 

 

L'Instinct de survie présenté au Ministère de la culture et des arts

02/08/2016 12:58 par evelinemankou

  • L'Instinct de survie présenté au Ministère de la culture et des arts

    L'Instinct de survie présenté au Ministère de la culture et des arts

    02/08/2016 12:58 par evelinemankou

Ce jeudi 28 juillet 2016, j'ai présenté mon livre L'Instinct de survie au Ministère de la culture et des arts à Brazzaville-Congo.

L'évènement était riche en rencontres, la salle a fait le comble, l'assistance présente était très dynamique, sympathique et interactive.

Merci à tous de loin ou de près pour votre soutien, votre participation. C'est grace à vous que cet évènement a été un succès.

Rencontre littéraire à Charleroi

01/07/2016 19:32 par evelinemankou

  • Rencontre littéraire à Charleroi

    Rencontre littéraire à Charleroi

    01/07/2016 19:32 par evelinemankou

Rencontre littéraire autour du livre "ELIKIA - ESPOIR" ce mercredi 29 juin 2016 à la Bibliothèque Marguerite Youcenar de Charleroi avec l'ASBL l'Afrique en livres

 

 

Vidéo 1 ouvrir le lien ci-dessous

 

 https://www.youtube.com/watch?v=jmLZbau23Ww

 

 

vidéo 2, ouvrir le lien ci-dessous

 

https://www.youtube.com/watch?v=m7M-ZwtuRXo

 

L'Instinct de survie revisité par Laura Coakley

28/03/2016 10:29 par evelinemankou

  • L'Instinct de survie revisité par Laura Coakley

    L'Instinct de survie revisité par Laura Coakley

    28/03/2016 10:29 par evelinemankou

Le 24 mai 2013, mon livre « La Misère Humaine » avait été choisi par Antoine Poteaux  dans le cadre de son brevet, au collège Saint Joseph à Arras, plus précisément à Givenchy-en-Gohelle dans le nord de la France. Son oral dont l’exposé portait sur l’histoire des arts avait pour sujet de montrer la manière dont la misère est représentée dans l’art. Antoine Poteaux avait le choix entre 5 œuvres : La Misère humaine d’Éveline Mankou (livre), La Misère de Jules Desbois (sculpture), Salle de Bain de Patrice Jorioz (aquarelle), L’Enfant de la misère de Berthe Sylva (chanson), et A girl walking on the main water pipe that carries drinking water to Mumbai de Sephi Bergerson (photographie).

Il devait parmi ces œuvres, en choisir une principale qu’il décrirait d’avantage et son choix s’était porté sur La Misère Humaine.

 

Aujourd’hui, c’est à mon autre livre « L'Instinct de survie » à faire l'objet d'une thèse.

En effet, Coakley Laura, une canadienne de (University of Waterloo, 200 University Avenue West, Waterloo, Ontario, Canada N2L 3G1) a choisi « L'Instinct de survie » pour les travaux de sa brillante thèse, réussie avec brio et que je félicite. Si vous n'avez pas lu « L'Instinct de survie », je vous invite à lire l’intéressante analyse qu'elle en fait. Le lien suivant conduit vers sa thèse.

https://uwspace.uwaterloo.ca/handle/10012/10090

 

 

 

(Extrait de la these)

Éveline Mankou présente un problème qui est malheureusement encore d’actualité dans la société africaine contemporaine, et dans notre corpus, elle est la seule auteure à présenter le sort des albinos.18 Il est important de considérer les racines de la stigmatisation des albinos avant d’examiner la façon par laquelle l’écrivaine expose cette partie de la culture congolaise. Les personnes atteintes d’albinisme ont un déficit de mélanine, ce qui rend leur peau, leurs poils et leurs cheveux blancs (Baker, Lund, Nyathi et Taylor 169). Dès lors, ces personnes contractent plus facilement que les autres des cancers de la peau et souffrent d’une carence visuelle. En Afrique, la situation des albinos est pire qu’ailleurs parce que le manque de produits, comme les crèmes solaires et les lunettes, les amènent à devenir des exclus de la société. Ils doivent rester chez eux et donc reçoivent peu d’éducation et n’exercent pas d’activités professionnelles (Baker, Lund, Nyathi et Taylor 170). Par ignorance sur leur condition médicale, cette exclusion de la société a créé des mythes sur leur personne.19 L’albinisme est considéré comme une malédiction contagieuse puisque la personne affligée possède, croit-on, des pouvoirs de magie noire et les albinos sont perçus comme différents, d’où une stigmatisation dès leur naissance. Les albinos sont des boucs émissaires à travers le continent africain à cause de leur apparence particulière qui les rend différents. Vu que l’histoire est racontée, chez Mankou, du point de vue de trois personnages, Mady, Buesso et le petit-fils, cela empêche parfois l’élaboration de leurs sentiments, puisqu’ils doivent

raconter ce qui se passe objectivement. Pour comprendre les sentiments intimes de Mady, il faut analyser les mots employés. En ce qui concerne les rites sorcellaires, Mankou les traite d’une façon différente de Florent Couao-Zotti en revenant sur les histoires d’autres personnes, comme pour montrer l’ampleur du problème : Je connaissais l’histoire de Nvutu. Fraîchement mariée à son cousin, Nvutu donna naissance à un ndundu. 20 Après consultation du grand oracle et après concertation des sages, il fut décrété que cet enfant serait brûlé vif et la jeune mère chassée du village pour en éloigner la malédiction. (Mankou 66) Mady explique objectivement les rites sorcellaires, sans adjectifs, comme si elle faisait un rapport des évènements. Elle suit ce souvenir en révélant son souci: « Mais ce pauvre bébé, symbole de l’innocence, n’avait commis aucun péché pour être sacrifié sur l’autel des étranges superstitions » (67). Mady est décidément contre le rite sorcellaire utilisé pour tuer l’enfant de Nvutu. Cette fois-ci, le lexique montre sa réaction négative aux rites; même si elle ne décrit pas de gestes corporels, nous pouvons comprendre ses sentiments subjectifs grâce aux adjectifs, comme « pauvre » et à la combinaison de substantifs « symbole de l’innocence » qui humanise l’enfant albinos attaqué pour la couleur de sa peau. Une deuxième fois, la narratrice explique les rites sorcellaires qui touchent les albinos après avoir appris que son enfant en est un : « Un jour, l’enfant ndundu disait à ses parents qu’il allait chercher du bois dans la forêt, puis il ne revenait pas. C’est ainsi qu’ils quittaient ce monde comme par enchantement » (Mankou, 65). Dans cette description, l’écrivaine fait allusion à deux phénomènes : le mythe qui insinue que les albinos ne meurent pas, ils se distancient plutôt de la société et disparaissent (Baker, Lund, Nyathi et Taylor 177), et aussi les meurtres violents des albinos qui sont enlevés et trouvés morts dans un autre village.21 Mankou se sert d’évènements inspirés de faits réels en Afrique pour rendre la nouvelle

plus actuelle. En outre, la croyance universelle de l’albinos chez Mady entoure le monde sorcellaire et on le considère comme « un être surnaturel. Surtout, un « être maléfique » (Mankou 22). Puisque la croyance est enracinée dans la société, elle n’est donc pas anormale comme système pour rétablir l’ordre du village et éviter que les malédictions frappent le reste de la communauté. Nous venons d’analyser en quoi la croyance en la sorcellerie affecte la vie des personnes accusées de sorcellerie. La décision de Mady de s’enfuir avec son enfant est le seul choix pour le protéger. Éveline Mankou décrit la fuite de la jeune femme après son accouchement en utilisant des termes se rapportant aux sentiments de la colère : « Fuir ce bourg hostile à la différence, fuir ce peuple ignare pour ne pas laisser nos espoirs s’amenuiser comme une peau de chagrin » (Mankou 68). La jeune mère se prépare à fuir « il me faudrait élaborer un plan » (68). Ensuite, elle explique son plan pour partir, lequel est exécuté dans le quatrième chapitre. Le regard de la narratrice sur sa fuite est très calme, ce qui diffère des autres nouvelles où le lecteur voit un moment d’indécision et de passivité chez le principal personnage. Dans ce sens, Mady a bien justifié son besoin de fuir, à cause de la menace de violence, et elle le fait. Pourtant, la narratrice montre un moment de passivité après son viol. C’est parce que Niama a commis un acte criminel qu’il veut se protéger de l’influence de la sorcellerie sur les personnes : « Niama exigea que je prête serment de ne répéter à personne ce qu’il venait de me faire. En clair, je devais taire mon viol sous peine d’être maudite par les esprits qu’il avait invoqués. Je tressaillis. En toute naïveté, j’entrais dans son jeu » (Mankou 42). Elle se convainc de garder ce secret toute sa vie en raison des superstitions et de la malédiction qui pourraient s’abattre sur elle. Le cousin, se sert donc la sorcellerie pour provoquer la peur chez Mady. Lorsque cette dernière raconte son histoire, elle se

rend compte de sa naïveté d’avoir cru les mots de Niama, cependant elle se sent impuissante devant la gravité de la situation et des menaces. Sa passivité montre l’impact que la sorcellerie a sur la communauté et sur elle-même. Après avoir compris dès son jeune âge que les albinos sont traités comme des parias ou sacrifiés, Mady prend la décision de quitter son village. Elle anticipe sa persécution, « J’étais sûre que mon enfant subirait lui aussi le sort du bûcher. Pour purger ses prétendues fautes » (68) et elle réagit lors de sa passion maternelle pour le protéger. Ainsi, la fuite permet à Mady de sortir de la situation qui menace la vie de son enfant. Cependant, intéressons-nous au discours que Mady et les autres narrateurs utilisent pour révéler leur situation. Le discours représente les énoncés (oraux et écrits) émis par les personnages. Pour cette nouvelle, il s’agit d’un discours didactique et délibératif.22 Le petit-fils présente son histoire comme une chronologie des évènements. Ce narrateur transmet ses connaissances sur le sort des albinos parce que, dès son jeune âge, il a eu le désir de comprendre le sens derrière leur stigmatisation. Toujours dans la première partie, le petit-fils explique une conversation qu’il a eue avec sa grand-mère, celle-ci lui a caché pendant longtemps le mystère qui entourait son père : « Elle promit de tout m’expliquer une fois que je serais grand […] j’avais hâte de grandir. Grandir pour percer ce mystère; grandir pour le comprendre » (Mankou 15). Le discours didactique continue tout au long de l’histoire soulignant l’impact de la sorcellerie sur les villageois. Le petit-fils partage les histoires des gens qu’il connaît, telles que celle sur son père albinos. Il emploie des mots de comparaison, comme, par exemple, quand Mady parle de la ville où elle veut se réfugier « Mavoula était une sorte de Big Apple africain, c’est-à-dire une espèce de New York, où les contrastes étaient aussi frappants

qu’entre Harlem et Greenwich Village » (23). La comparaison est une des techniques du discours didactique parce que ce narrateur souhaite que tout le monde saisisse le propos. En ce qui concerne le discours délibératif, le petit-fils ouvre un débat sur les pratiques et les règles de la société. Dans la première partie, le narrateur compte exposer une société qui est construite sur des idéaux qui marginalisent certaines personnes, comme la sorcellerie qui opprime les albinos à cause des mythes qui circulent sur eux. Le discours délibératif est évident dans l’interrogation rhétorique suivante du petit-fils : « Mais, de quel syndrome mon père, ce dilettante, était-il frappé? » (25). Le petit-fils comprend la stigmatisation des albinos, alors il se pose des questions pour persuader le lecteur de l’inacceptabilité de marginaliser les albinos à cause de la couleur de leur peau. Par son discours et son dialogue intérieur, Mady affiche sa passion pour son enfant. Après qu’elle raconte l’histoire de Nvutu, elle décide qu’elle doit s’échapper : « Je ne voulais laisser quiconque décider de mon futur ni de celui de mon enfant. Dans la nuit, il me faudrait élaborer un plan. Je devais m’enfuir » (Mankou 68). La jeune mère désire briser le destin certain de son enfant, un destin funeste si elle reste dans la communauté. Nous pouvons facilement déduire que Mady doit surmonter des obstacles pour sortir d’une vie où elle sent piégée. Pourtant, elle ne montre jamais de regrets en quittant le village, et l’assurance de son choix est soulignée à la fin quand Buesso prend la parole du narrateur et affirme que son voyage de retour a eu du succès : « Je fus regardé, moi Buesso, l’albinos, comme un héros par certains » (112). Buesso est un héros parce qu’il n’a aucun sentiment de vengeance contre les gens qui l’ont condamné et ont maltraité sa mère. Il ne regarde pas derrière lui et il accorde son pardon en apportant des cadeaux aux villageois (111). Ce dénouement fait écho avec des mesures prises par

plusieurs chefs d’État africains qui promettent de lutter pour le droit de vivre des albinos.23 Mankou laisse l’histoire sur une note d’espoir pour mettre l’accent sur ceux qui veulent changer le cycle de la violence. Mady utilise aussi le discours délibératif pour s’interroger sur la nature humaine. À la fin de l’histoire où elle conclut sa trajectoire en passant la parole à son fils, elle réfléchit « Mais, peut-on effacer toute une éducation traditionnelle par de simples mots scientifiques? » (100). L’hypocrisie de la croyance en la sorcellerie est révélée pour critiquer une tradition qui stigmatise les individus. Par exemple, elle mentionne d’autres cas où la sorcellerie exclut certaines personnes de la communauté : « Malgré la légendaire solidarité, au village, quelques personnes étaient exclues de la vie communautaire, et cela souvent pour des raisons de sorcellerie » (50). Mady expose les comportements dichotomiques de sa communauté pour persuader le lecteur de l’inconsistance des règles traditionnelles. Elle questionne ces contradictions en relevant les fois où chacun brise le moule communautaire. Exclue des rites du tchikoumbi et de la naissance de son enfant albinos, Mady ne fait plus partie par conséquent de cette communauté.

 

 

 

Dans la nouvelle, L’Instinct de survie, Éveline Mankou développe plusieurs personnages, notamment ceux qui accusent Mady et son enfant (Buesso) de sorcellerie. Dans un premier temps, Mady tombe sous le coup d’une accusation après son viol, puis, dans un deuxième temps, son enfant est également accusé, à tort, d’être sorcier lorsqu’on découvre son albinisme. Mady est donc mise en cause la première fois par « l’indésirable Dékoulé » (Mankou 53), un orphelin âgé de neuf ans, un marginal lui-même accusé de sorcellerie après la mort inattendue de sa mère (49). Mady le décrit d’un ton écoeuré (« il ne respectait pas les plus simples règles d’hygiène » (50), « ce garçonnet de mauvais augure, propagateur de poisse » (51)), exprimant ainsi son dégoût envers lui, cet être qui n’était pas né sous une bonne étoile. En fait, le jeune garçon avait aperçu Mady pendant un épisode des nausées matinales, se précipitant chez Ma Ndzari, la sage-femme de la communauté, pour l’informer de la situation. Selon lui, Mady est « possédée par l’esprit malin de la rivière ». Il ajoute avoir « vu [s]es vomissures et [s]es yeux révulsés. Nul doute, à son avis, [Mady est] victime de quelque envoûtement » (52). Certains membres de la communauté ne prennent pas Dékoulé au sérieux (« [les femmes] qui crois[ent] son chemin feign[ent] de l’écouter, puis elles s’empress[ent] de prier le ciel pour ne pas mettre au monde un enfant comme lui» (50). Pourtant, les villageois croient ses affirmations parce que c’est un enfant maudit, un enfant que l’on craint depuis sa naissance. S’il est le bouc émissaire de tout un village, Dékoulé s’improvise accusateur d’un moment, détournant le regard des autres vers une autre victime, Mady. Il soutient son accusation en menaçant les mauvais esprits. La croyance en la sorcellerie devient un dispositif mental commun

qui manipule les actions des villageois. Ainsi Dékoulé est amené à accuser sans preuve provoquant une série de soupçons sur la grossesse de Mady. Éveline Mankou veut alors montrer que la violence physique et mentale exercée sur Dékoulé se répercute sur Mady et son enfant. Voyons maintenant la façon dont l’accusation de Dékoulé a influencé les comportements et les actions de Ma Ndzari. Doyenne des femmes, Ma Ndzari joue plusieurs rôles dans cette communauté : elle est instructrice de l’éducation sexuelle et matrimoniale des filles, sage-femme, prêtresse et « grandmère » du clan (Mankou 45). C’est une femme qui détient le pouvoir parmi les femmes de la communauté et elle prend des décisions importantes. Alors tout ce que Mady tient pour vrai vient du rite appelé le tchikoumbi, 30 enseigné par Ma Ndzari. Pendant ses mois d’initiation, Mady apprend que, comme fille du village, elle ne peut pas exister sans se marier à un homme; de fait, sa vie commence une fois scellée à celle d’un époux (48). Ma Ndzari incite donc les filles à prendre un mari, car une « femme non mariée [est] considérée comme possédée par des mauvais esprits » (48). Après avoir découvert la grossesse avancée de Mady, elle la condamne pour ses actions et elle est bannie des rites du tchikoumbi à cause de son infidélité présumée: « Une fille souillée par des rapports sexuels avant le mariage ne pouvait franchir l’entrée de cette case consacrée aux adolescentes pures : celles qui réservaient leur virginité à leurs futurs maris » (55). Maudite et impure, Mady est exclue, chassée du paradis des femmes à marier, des femmes respectées et respectables : « je fus chassée du tchikoumbi, comme Ève du paradis après le péché originel […] Je perdais là ma vie. Tous mes espoirs s’envolèrent. L’espoir de devenir une femme respectable… l’espoir de me marier » (55). Aux yeux de tous, elle a commis un « péché » et personne ne cherche à savoir dans quelles circonstances elle a eu cet enfant. Elle est punie à une

condamnation éternelle, celle de l’isolement pendant la grossesse, puis celle de l’exclusion du village. Mère célibataire et femme pécheresse, Mady est perçue comme une femme à « l’esprit volage et espiègle, le pire des esprits qui pouvaient habiter le corps d’une belle et jeune fille » (55-56). Après plusieurs mois, l’enfant naît discrètement dans la case isolée de Mady. Malheureusement, Dékoulé a vu l’évènement et il prévient Ma Ndzari de l’arrivée du nouveauné. Lorsque la grand-mère arrive, Mady réagit d’un air protecteur en le tenant « jalousement dans [s]es mains » et en le contemplant « comme un trophée » (64). Mady veut protéger son enfant du mal dès sa naissance. Elle sent un attachement envers lui. C’est cette affection que Corinne Cammaréri résume dans son livre Amour maternel ou sublimation de femmes (2012), suivant la théorie de Julia Kristeva qui considère la mère prise par la passion maternelle qui s’impose à elle (105). Mady s’attache à son nouveau-né et elle rend signifiant ce petit être, de telle façon qu’elle se débarrasse de ses sentiments narcissiques pour consacrer tout son amour à son enfant. Cette passion maternelle pousse Mady à être sur la défensive devant le comportement de Ma Ndzari. Nous aimerions d’ailleurs nous arrêter sur la réaction de Ma Ndzari à la vue de l’enfant albinos. Lorsque celui-ci sort du ventre de sa mère, la prêtresse ne voit en lui que l’esprit maudit à cause de la couleur de sa peau qu’elle décrit « comme une contagion » (66). Elle est donc horrifiée et « fait un bond en arrière comme si elle voulait esquiver un coup-de-poing au visage » (64). La sage-femme accuse la naissance de l’enfant comme un coup physique; tout son être réagit. Mais sa réaction est normale. De fait, comme le constate Tsevi Dodounou, dans Le mythe de l’albinos dans les récits subsahariens » (2011) :

Pour éviter que la malédiction ne s’abatte sur elle, Ma Ndzari entame « des incantations inaudibles » et invoque « discrètement les esprits protecteurs » (Mankou 64). Elle procède ensuite à un rituel qui dévoile l’arrachement de « quelques cheveux de la tête [du garçon] et les compt[e] dans la paume de sa main. Ce rite consist[e] à conjurer le sort quand on [est] face à un ndundu, un albinos » (65). L’usage du verbe « arracher » décrit une action agressive selon Mady et après l’arrachement de quelques cheveux de l’enfant, la mère affirme que son enfant est en fait un albinos. Contrairement à la réaction de Ma Ndzari, Mady humanise tout de suite son bébé. À partir du premier cri, elle s’émeut devant ce petit être blanc : « Il émit son premier cri comme pour hurler au monde qu’il était bien là, bien réel » (61). Le discours de la narratrice rejoint le concept de la passion maternelle de Julia Kristeva revu et analysé par Corinne Cammaréri qui indique que « le cri de l’enfant : le cri est l’issue motrice d’une excitation et la mère fera de ce cri une demande. Elle l’humanise, le rend signifiant » (111). En disant que son enfant « hurle au monde », elle certifie que son existence compte pour elle et la société. Mady réagit par amour pour son bébé tandis que Ma Ndzari voit en lui un esprit maudit. Tsevi Dodounou confirme ces différents points de vue où l’albinos est perçu comme « une intrusion malencontreuse » qui est facilement refuser par la société, tandis que d’autres le considèrent comme « une bénédiction, un signe de la protection et de bienveillance divines » (27). Pour Mady, il ne s’agit pas d’un être néfaste; au contraire, c’est un enfant tout simplement, quelle que soit sa couleur. Les villageois jouent un rôle différent dans l’œuvre d’Éveline Mankou puisqu’ils ne sont pas des bourreaux, mais des personnes sanguinaires qui offrent leur aide aux bourreaux. Menaçants et exclusifs, ils collaborent à expulser les personnes qui n’ont pas un profil conformiste. En accord avec Ma Ndzari, les dignitaires du village ont le dernier mot dans les

décisions cruciales, comme celle prise à l’encontre de Mady. D’un coup, Mady est punie parce qu’elle est enceinte sans être mariée : Les dignitaires décidèrent de m’isoler dans une case, non seulement pour me punir d’avoir transgressé les lois – certes écrites nulle part, mais que personne n’était censé ignorer –, mais aussi pour éviter une mauvaise influence sur les autres filles. Dès cet instant, les villageois me considérèrent comme habitée par un mauvais esprit, un esprit volage et espiègle, le pire des esprits. (Mankou 55) Mady révèle que les villageois opèrent à partir de lois implicites qui ne fonctionnent que pour maintenir la tradition. Lorsqu’elle se trouve hors du modèle communautaire, on la considère comme un mauvais esprit. Mady est née dans une société qui privilégie certaines traditions, telles que le tchikoumbi qui prépare les filles au mariage. En raison de l’importance de ces traditions, personne ne la défend, parce que la tradition ancestrale soutient cette croyance : « la légende disait [que les albinos] s’évanouissaient dans la nature sans laisser de traces […] ces êtres maléfiques […] ne manquaient pas d’infliger une leçon mystérieuse au village où l’on dénombrait, par la quantité de fléaux » (Mankou 65-66). Se fiant à cette légende, les villageois bannissent les albinos et ses proches pour éviter la possibilité d’un malheur. Les villageois soutiennent la croyance que les albinos et leur mère sont possédés par les sorciers. Ils sont donc prêts à condamner cette dernière et à la punir pour ne pas que le malheur se répande dans le village.

Présentation de mon livre La Misère Humaine à Brazzaville

21/03/2016 17:23 par evelinemankou

  • Présentation de mon livre La Misère Humaine à Brazzaville

    Présentation de mon livre La Misère Humaine à Brazzaville

    21/03/2016 17:23 par evelinemankou

Sur la photo, lors de mon passage au collège de Mansimou au sud de Brazzaville-Congo 
 
 
Le lien ci-dessous mène vers mon passage à l'émission Cultura sur télé Congo le dimanche 13 mars 2016 à 14h45
 
 
https://www.youtube.com/watch?v=kItJxeDH_iM&feature=youtu.be

Présentation de mes livres au CFRAD Congo - Brazzaville

21/03/2016 17:01 par evelinemankou

  • Présentation de mes livres au CFRAD Congo - Brazzaville

    Présentation de mes livres au CFRAD Congo - Brazzaville

    21/03/2016 17:01 par evelinemankou

Le 11 mars 2016 à 16h, je présentais mes livres au CFRAD de Brazzaville au Congo (sur la photo). 

Grand merci au professeur Kadima Nzusi pour la réalisation de cette rencontre.

 

Le lien ci-dessous mène vers mon passage à l'émission Cultura sur télé Congo le dimanche 13 mars 2016 à 14h45

 

 

Fiche de Lecture : ouvrage Franklin, L'Insoumis

15/02/2016 21:50 par evelinemankou

  • Fiche de Lecture : ouvrage Franklin, L'Insoumis

    Fiche de Lecture : ouvrage Franklin, L'Insoumis

    15/02/2016 21:50 par evelinemankou

Chose promise, chose due !  Anthony, j'ai suivi ton conseil  et pris dans mon bagage le livre « Franklin, L’Insoumis », qui a agrémenté mon trajet. Dès les premières lignes de ta Nouvelle,  j'ai eu l'impression de plonger dans l'univers de Mabanckou, ce qui confirme mes précédentes et premières impressions.

Extrait du texte : « Lorsqu’elle marchait, son déhanchement semait le trouble. Personne ne pouvait rester insensible, les yeux suivaient le mouvement de ses hanches comme des spectateurs d’un match de tennis. »

Ta Nouvelle soulève un problème délicat, pas toujours facile, parfois tabou dans certaines sociétés. Faire son deuil pour continuer à vivre, faire son chemin après la perte d’un être cher.

Attachante, d’une beauté discrète, mystérieuse, Antoinette s’en est allée, elle est morte, brutalement, trop tôt. Sa disparition est une nouvelle insupportable pour ses jeunes admirateurs, soupirants ??? Surtout pour le jeune narrateur dont le nom est comme le soldat, inconnu.

Ta Nouvelle est aussi un rappel à l’ordre, nul ne maîtrise sa destinée. Quelque soit l’estime que l’on a de soi, riches ou pauvres finissent leur voyage terrestre dans la même fosse, même les sceptiques. Vanité, tout est vanité a dit Salomon.

La mort surprend, arrache les êtres chers parfois à l’improviste comme pour Antoinette qui était resplendissante, belle de figure et enceinte jusqu’aux yeux. La minute d’après, elle décède en couche, moment normalement merveilleux où elle donne la vie à son premier né tant attendu.

Le jeune narrateur qui comme le chante Barry White « can’t get enough… » Il a tout perdu : sa sœur, son amante, sa mère sa conseillère… Antoinette était tout cela à la fois. Il est inconsolable.